Le peintre canadien Robert Leprohon est né à Montréal en 1926. En mars 1944, il s’éveille à l’art lors de la visite de l’exposition Cinq siècles d’art hollandais au Musée des beaux‑arts de Montréal, qui présente une collection importante d’œuvres prêtées au Canada pendant la deuxième guerre mondiale. Peu après avoir commencé à pratiquer le dessin et la peinture acrylique, Robert Leprohon comprend que ses études à l’École des hautes études commerciales de Montréal ne répondent pas à ses aspirations et il souhaite consacrer sa vie aux arts visuels. À l’époque, le milieu artistique et culturel montréalais vibrant, articulé autour du Refus global et des Automatistes, incite à l’échange artistique et Robert Leprohon y fréquente régulièrement les peintres Marcel Barbeau et Pierre Gauvreau. Sa participation au Salon du printemps de 1947 organisé par le Musée des beaux‑arts de Montréal, lui vaut la reconnaissance précoce de la valeur artistique de son œuvre.
À cette époque il travaille dans l’entreprise familiale dans l’est de Montréal, mais se rend chaque été au village de Port‑au‑Persil à Charlevoix pour peindre, voyages qui auront une profonde influence sur son développement artistique. Lieu de rencontre sans pareil tant pour les artistes établis que pour les étudiants en art, Port‑au‑Persil s’avère un cadre exceptionnel pour peindre sur le vif dans la nature. L’amitié stimulante des peintres Goodridge Roberts, Paul Piché et la rencontre de la peintre Gisèle Leclerc qu’il épousera à Québec en 1953, comptent parmi les moments mémorables de cette période.
Issu d’une génération d’artistes en quête d’intégrité et désireux de se libérer du joug des normes rigides régissant la société québécoise de l’après‑guerre, toujours au fait des débats de son époque entourant le renouvellement de l’expression artistique, Robert Leprohon a mené une carrière s’échelonnant sur plus de six décennies. D’abord illustrateur publicitaire dans les années 1960 à Québec, il occupera le poste de Directeur des relations publiques des Presses de l'UniversitéLaval de 1970 à 1990. C’est dans son atelier à Québec qu’il pourra par la suite s’investir uniquement dans son art, jusqu’à son décès en décembre 2018.
Robert Leprohon, fervent partisan d’une expression visuelle qui parle par elle-même, a longtemps choisi de rester loin de la scène des arts visuels. L’importance historique de son œuvre a été reconnue lors d’une exposition majeure à Vienne en 2018, avec le curateur et historien Günther Oberhollenzer (curateur de la Galerie Nationale de Basse-Autriche, Krems). Depuis lors, ses œuvres ont été à l’affiche de festivals en Autriche et ont été intégrés dans le curriculum scolaire dans le sud de l’Allemagne.